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Conférence identité

L’identité humaine : une affaire de neurones ?

Le neuvième cycle de conférences « Science et foi » organisé par les Groupes Bibliques des Écoles et Universités (GBEU) en 2018 a pour thème L’identité humaine. La première conférence intitulée « L’identité humaine : une affaire de neurones ? » a permis de croiser les regards de la neuroscientifique Stéphanie Clarke, médecin-chef (prof. UNIL), et du théologien Jean Decorvet (recteur et professeur HET-PRO) pour proposer un éclairage chrétien sur ce qu’est l’humain dans un dialogue fécond entre science et foi.

La première intervention fut donnée par la professeure Clarke qui a montré en quoi les capacités cognitives humaines nous différencient des espèces animales, y compris des primates. Elles dépendent des structures cérébrales et sont apparues progressivement chez homo sapiens. Les réseaux neuronaux qui sous-tendent les fonctions cognitives ont été identifiés à l’aide de l’imagerie cérébrale ; ils jouent un rôle primordial dans notre identité humaine, comme le démontrent des observations cliniques en cas de lésions cérébrales.

Dr Clarke a poursuivi son exposé en explicitant ce qu’est la théorie de l’esprit pour souligner la différence qui existe entre les humains et les primates non-humains. La théorie de l’esprit désigne les processus cognitifs qui permettent à une personne de se représenter son propre état mental ainsi que celui des autres. Par ce biais nous sommes à même de percevoir des intentions, des connaissances, des émotions, des croyances et des motivations, et par là prendre nos décisions, déterminer notre attitude et agir. La théorie de l’esprit chez les humains peut ainsi être qualifiée de développée. Les primates non-humains, en revanche, disposent d’une théorie de l’esprit limitée ; tout en pouvant apprécier l’état de connaissance ou d’ignorance de leurs congénères, ils ne peuvent toutefois pas se représenter leurs croyances.

L’identité humaine – affaire de neurones ? Oui, nous dit la professeure Clarke, dans le sens où les réseaux neuronaux complexes sont essentiels aux fonctions cognitives qui contribuent d’une façon décisive à notre identité humaine. En revanche, l’identité humaine n’est pas qu’une affaire de neurones. Les capacités cognitives que l’adulte acquiert au cours de sa vie et qui constituent l’identité humaine s’appuient sur des représentations externes et sur la transmission du savoir entre individus, entre générations et entre populations.

En tant que croyants, il n’est pas exagéré d’en conclure que notre cerveau, en plus de nous équiper pour interagir avec les autres êtres humains, nous rend aussi capables de comprendre la dimension divine (« le cerveau spirituel »). Cette affirmation fait écho à la parole de l’Ecclésiaste : « Il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité ».

La seconde intervention fut donnée par le professeur Jean Decorvet qui nous a rappelé que l’interrogation sur l’identité humaine a des fondements bibliques. « Qu’est-ce que l’homme ? » interpelle le psalmiste. « Ni ange ni bête » répond Blaise Pascal selon la célèbre formule des Pensées. Quant à l’anthropologie biblique, elle définit l’humain comme étant créé en image de Dieu. Dr Decorvet a axé sa conférence sur la signification de cette affirmation en lien avec notre identité constitutive d’êtres humains appelés à aimer notre prochain et à vivre dans un monde au sein duquel nous sommes ouvriers.

La réflexion s’est organisée autour de cinq affirmations sur l’humain permettant d’orienter l’intégration de données bibliques, scientifiques et philosophiques :

  • L’humain, une créature terrestre,
  • L’humain, une créature « en image de Dieu »,
  • L’humain, une personne multidimensionnelle,
  • L’humain et son prochain,
  • L’humain, ouvrier de l’histoire.

Les trois premières affirmations récapitulent des principes fondamentaux de l’anthropologie biblique : créature « en image de Dieu », l’humain est l’image en laquelle Dieu communique comme un vis-à-vis. L’optique est ici relationnelle et permet de qualifier l’être humain comme une personne, un concept que la pensée occidentale doit à la théologie chrétienne. En précisant que l’être humain est une créature terrestre en image de Dieu, la doctrine de la création ne fait pas du corps une simple enveloppe pour l’âme immortelle, accessoire pour l’identité humaine. Le corps n’est pas la prison de l’homme mais est fondamentalement constitutif de l’identité humaine. Aussi l’élément terrestre, matériel, moléculaire, neurologique de l’être humain est-il constitutif de son être.

La théologie chrétienne a classiquement défini ce caractère multidimensionnel de la personne humaine en parlant de dualité anthropologique. L’humain n’est ni un amas de cellules ni un esprit flottant dans un corps-prison. Ni monisme matérialiste ni dualisme donc mais dualité anthropologique : l’humain est constitué d’un être intérieur et d’un être extérieur.

En somme, il est union d’une âme et d’un corps.

Il est intéressant de noter à ce stade que les résultats neuroscientifiques présentés par la doctoresse Clarke et une vision biblique de l’humain ne s’opposent pas. Spécialiste de l’épistémologie scientifique, Lydia Jaegger a parfaitement résumé les enjeux de cette concordance pour le rapport entre science et foi : « les résultats neuroscientifiques selon lesquels toutes les facultés traditionnellement attribuées à l’âme ont une base neurologique précise n’ont donc rien de vraiment surprenant » (dans L’âme et le cerveau).

Les deux dernières affirmations présentées par Jean Decorvet impliquent que l’humain est en lien avec son prochain et qu’il est ouvrier de l’histoire. Ces éléments sont des corollaires de notre propre dualité anthropologique dans la mesure où la dualité constitutive de l’humain implique le vis-à-vis du prochain. Ici, l’optique est communautaire. En outre, ce prochain n’est pas simplement « autre » mais mon prochain, avec ce que cela implique de différentiation (contre tout panthéisme) et de relation concrète (contre tout monisme déterministe).

Tout être humain ne rencontre pas simplement l’humanité dans le vis-à-vis « je-tu » mais aussi au travers d’un système concret auquel il appartient : la société.La dualité constitutive de l’humain implique donc aussi sa responsabilité d’homme public (contre tout individualisme).

Il est possible de résumer l’implication par excellence de notre dualité anthropologique en citant le retentissant « aime ton prochain comme toi-même ».

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