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Notre finitude face à Son infinitude

« Vous l’aimez sans l’avoir vu, vous croyez en lui sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie merveilleuse et glorieuse » (1 P 1.8)

 

Un sujet de frustration pour nous tous, c’est notre finitude, nos limites existentielles dans l’espace, dans le temps et dans nos capacités. Je voudrais pouvoir jouer de la guitare comme Pat Metheny, mais ce n’est qu’un songe. Ou jouer dans un match avec mon équipe de foot préférée, mais cela ne s’avérera jamais. Ou être proche de mes amis à Niamey, à Rome, et surtout être avec ma famille aux États-Unis, mais c’est physiquement impossible. Hélas, ma finitude !

Quel rapport avec la résurrection de Jésus ? Même après sa résurrection, les disciples devaient apprendre encore beaucoup sur Jésus. Dans l’Évangile de Luc, chapitre 24, les disciples vont découvrir une chose remarquable de Jésus, c’est son infinitude, l’absence de limites ou contraintes. Luc décrit deux scènes où Jésus apparait à ses disciples de manière inattendue. Dans la première apparition, les deux disciples d’Emmaüs passent du temps avec Jésus sans le savoir jusqu’à ce qu’il le leur dévoile (v. 30). Ensuite, soudain « il disparut de devant eux » (v. 31). Peu après, Jésus rend visite à ses disciples à Jérusalem sans passer par la porte. Il leur dit : « Que la paix soit avec vous » (שָׁלוֹם לָכֶם / εἰρήνη ὑμῖν v. 36). La description de leurs émotions confirme leur surprise et peur ! Ils étaient « saisis de frayeur et d’épouvante », car « ils croyaient voir un esprit » (v. 37). Et même après que Jésus leur a donné plusieurs preuves de son existence réelle, Luc les décrit ainsi : « dans leur joie, ils ne croyaient point encore » et « ils étaient dans l’étonnement » (v. 41). Mais avec l’aide de Jésus, ses disciples seront convaincus que c’est bien lui : leur maître et le Messie (v. 44-53).

Les premiers chapitres des Actes des Apôtres confirment cela par plusieurs manières. Par exemple, lors de la guérison d’un homme infirme de naissance, Pierre et Jean refusent d’en recevoir la gloire en disant que ce n’était pas « par leur propre puissance ou par leur piété » (Ac 3.12) mais plutôt par « la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison » (v. 16). On le voit : Jésus est toujours à l’œuvre dans la vie de ses disciples. Il est vivant et intervient. Il n’est ni absent ni empêché par les limites que nous connaissons. D’autres textes bibliques confirment l’idée que les apôtres appréhendaient la présence continue de Jésus. Lors de son exécution, Étienne prie : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! » et encore « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Ac 7.59). De même, les affirmations suivantes sont nombreuses : « Jésus est Seigneur » (cf. Rm 10.9 ; 1 Co 12.3) et « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement » (Hé 13.8). Ces expressions de foi constitueront le lien entre la présence continue de Jésus et la spiritualité de l’Église. Cette union spirituelle entre le Christ et les croyants est soulignée par des expressions brèves telles « Christ en vous » (Col 1.27) et les croyants « en Christ » (Rm 8.1).

Dans la liturgie de plusieurs traditions, nous saluons les fidèles par « Que la paix soit avec vous ! ». C’est la paix de Dieu bien sûr. Et la Sainte-Cène est une invitation du Christ à sa table afin de jouir ensemble de sa présence. Tout comme les disciples, nous devons aussi apprendre à élargir notre vision de Jésus et du Dieu trinitaire que nous adorons. Quelques soient nos sujets de frustration à cause de nos limites, pensons à celui qui n’est pas limité et entendons à nouveau les douces paroles de Jésus : « La paix soit avec vous » (εἰρήνη ὑμῖν / שָׁלוֹם לָכֶם Lc 24.36). O


James Morgan, PhD
Professeur HET-PRO en Nouveau Testament

 

Quelques suggestions pour approfondir ce thème :

Lire lentement et plusieurs fois Luc 24.36-48 afin de s’approprier la richesse de ce passage par la prière.

Lire Jesus and the Living Past de Michael Ramsey (ancien archevêque de Cantorbéry), Oxford, Oxford University Press, 1980.

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