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Méditer les textes bibliques ? Oui ! Mais en hébreu ou en grec ?

De temps en temps on me demande pourquoi l’apprentissage des langues bibliques est obligatoire dans les écoles de théologie. Cette question est même posée par des pasteurs ! La plupart des étudiants ne me posent pas cette question, mais j’imagine qu’elle trotte parfois dans leur esprit. C’est pourquoi je compare cette partie de mon travail au travail de dentiste : douloureux sur le moment, mais extrêmement bénéfique à long terme.

 

Les raisons pour apprendre les langues bibliques sont nombreuses : bien sûr, le contact direct avec les écrits des apôtres, la possibilité d’apprécier et vérifier le travail des traducteurs et des exégètes, mais également la culture générale, car les langues bibliques sont parmi les langues les plus influentes de tous les temps. Nous sommes bien mieux équipés si nous pouvons travailler directement à partir des textes bibliques.

Ce que je vous propose ici n’est pas une apologie de cette partie de la formation théologique, mais plutôt un rappel d’un élément qui est souvent négligé ou oublié dans une réponse typique à cette question. Je propose que l’on conjugue l’académique au spirituel au travers la lecture méditative des textes bibliques en langues originales. Pourquoi ? Parce qu’on lit plus lentement. On est obligé de ralentir et par conséquent on lit typiquement moins de texte. Au lieu de lire un chapitre entier, on se concentre sur un passage, un paragraphe, une phrase, une tournure, voire un mot. Et cela fait grand bien !

La valeur de la lecture contemplative est connue depuis des millénaires. Le psalmiste semble avoir ce désir à l’esprit quand il prie : « Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi ! » (Ps 119,18). Pourquoi pas donc mémoriser un verset préféré en hébreu ou en grec et le méditer pendant plusieurs jours ? Ensuite, on y reviendra régulièrement pour le contempler encore jusqu’à ce qu’il devienne partie de notre pensée. On peut méditer sur des versets comme 1 Co 13.13 ou Mc 12.29-31, ou bien sur une liste comme le fruit de l’Esprit dans Ga 5.22-23. Ces versets nous aident à garder à l’esprit des questions fondamentales qui orientent notre cheminement avec le Seigneur. On peut également prier les prières bibliques, par exemple les Psaumes 100 ou 117 en hébreu ou le Notre Père en grec (Mt 6.9-13).

Bien sûr, on peut faire le même exercice de contemplation avec des traductions. L’un n’exclut pas l’autre. Cependant, il y a un deuxième élément stimulé par ce type de lecture : les expressions en hébreu et en grec peuvent parfois nous suggérer d’autres pistes de réflexion auxquelles on ne penserait pas à travers la lecture d’une traduction. Je reconnais un risque : celui de voir notre temps de méditation sur la Parole devenir un exercice académique. Pour autant, certaines de ces pistes sont véritablement encourageantes. Quant aux questions techniques, on peut simplement les noter dans un cahier et les explorer plus tard. Puisque je pratique ce type de lecture régulièrement, je ne peux que recommander la lecture méditative des textes en langues originales, car elle conjugue très bien deux mondes qu’on cherche parfois à garder séparés : la spiritualité et l’académique.

Bonne lecture contemplative ! O


Dr. James Morgan
Professeur HET-PRO en Nouveau Testament

 

Astuces pratiques :

 

– Copier/coller le texte à méditer dans un logiciel de notes (par ex. Evernote, OneNote, etc.) pour qu’il soit accessible où que l’on se trouve.

– Se servir d’un livre proposant des textes à méditer en hébreu et en grec, par exemple :

  • Light on the Path (Heinrich Bitzer, Grand Rapids, Baker, 1982, épuisé)
  • More Light on the Path (David W. Baker et Elaine A. Heath, Grand Rapids, Baker, 1998)
  • Treasures Old & New: Daily Readings from the Greek and Hebrew Scriptures and the Lutheran Confessions (John C. Jeske, Milwaukee, Northwestern, 2009)

Patience !

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